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Itinéraire du Général Pierre de Villiers, coqueluche des Gilets Jaunes et des grands patrons.


 

A l’heure des divisions et des rébellions, Pierre De Villiers est une figure d’autorité qui rassemble. L’ancien chef de l’état-major des armées, aujourd'hui consultant au BCG, est incontournable dans le paysage du quinquennat du Président actuel. il nous livrera son expérience, comme un couteau suisse pour décrypter les crises que traverse la France aujourd’hui.

 

Tout d’abord, ses 43 ans de service dans l’armée lui donnent un regard incomparable sur la question terroriste. Il y a été confronté à tous le prisme d’actions militaires menées par l’armée Française, des OPEX au Kosovo, en Afghanistan et en Afrique, au commandement de l’opération Sentinelle et de la réponse contre le terrorisme. Il affirme ainsi que « développement et sécurité sont nécessairement réciproque », défendant l’idée selon laquelle « gagner la guerre ne suffira pas à gagner la paix ». Poste après poste, il y a acquis ses galons et ses convictions à propos de la figure du chef, à laquelle il consacre son second livre paru en 2018.    

 

Dans cet ouvrage, il diagnostique un fossé grandissant entre les sommets d’où sont prises les décisions et leurs sphères d’exécution. En effet, la recherche de performance actuelle occulte selon lui ses conséquences sur l’humain, dans toutes les organisations. Alors que l’autorité se fait de plus en plus verticale, le Général de Villiers prône un recours à « l’obéissance d’amitié », où l’adhésion l’emporte sur la contrainte. Ses thèses ont évidemment trouvé un écho retentissant auprès des gilets jaunes, qui ont avancé son nom pour diriger leur gouvernement. Il incarne ainsi aux yeux d’Eric Drouet, un des porte parole du mouvement, le « geste fort », « l’homme compétent et pas énarque ».

 

Cette aura, il l’a principalement gagné en démissionnant de son poste de chef d’état-major des armées, en juillet 2017, en raison d’un profond désaccord avec le Président de la République. Il s’oppose à la baisse du budget militaire, car il croit que « l’armée française est parvenue à la limite de ses forces » et qu’il faut « lui donner les moyens de faire face aux nouvelles menaces qui se multiplient ». Recadré par Emmanuel Macron, il quitte son poste sous les honneurs. Après « 43 ans de grande discrétion », il incarne la refus anti-présidentiel.  

 

Cependant, Pierre de Villiers ne nourrit pas d’ambition politique. Il souhaite simplement partager son expérience, dans un but rassembleur. Nous aurons donc l’honneur d’en discuter avec lui le mardi 5 mars, en Amphi Blondeau à 19h30.